L'abbé Césaire CARTON

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L'abbé Césaire CARTON

Portrait de l'Abbé Césaire CARTON

AD MULTOS ANNOS

Ces quelques mots adressés par l'Abbé VITTOZ alors curé de FOUQUIERES à Césaire CARTON, jeune prêtre, symbolisent bien la longue vie de ce dernier : j'ai voulu en retracer quelques aspects en hommage affectueux.

Une longue vie, bien remplie, au service de tous. Voilà 40 ans, il s'éteignait, mais il ne nous a pas quittés.

J'ai puisé dans ses archives personnelles dans la mémoire familiale. J'ai reçu une aide précieuse des soeurs Carmélites de l'Institut Notre-Dame de Vie et de Madame charlettre CRETEL, qui m'ont communiqué de nombreux documents sur sa vie à Blangy. Monsieur BALLART m'a adressé aussi ses souvenirs personnels. Que tous en soient vivement remerciés. J'ai trouvé dans le livre « Notre Fouquières » (1982) que Monsieur Alfred CREPEL a écrit avec la collaboration « posthume » de l'Abbé CARTON, de nombreux renseignements. Le livre de Monsieur Augstin VISEUX, aujourd'hui décédé « Mineur de fond » (Plon – Terre Humaine – 1991), contient des citations concernant son « ancien et vieux curé ». J'ai pu agrémenter le texte de quelques photographies et illustrations. Puissent ces quelques lignes éclairer les nouvelles générations sur l'oncle Abbé, aimé de tous.

SA TERRE NATALE

Il voit le jour à FOUQUIERES LES LENS, le 20 Novembre 1881, Il faut lire le livre « Notre Fouquières » (par l'Abbé CARTON, à titre posthume, et Alfred CREPEL) pour connaôtre l'histoire de cette cité au passé très lointain. Très attaché à son village natal, l'Abbé CARTON fit de nombreuses recherches sur ce sujet et envoya vers 1960, à Monsieur CREPEL, les précieux renseignements rassemblés, en ajoutant : « je vous envoie la documentation que j'ai recuillie « AVEC AMOUR » sur notre cher et vieux village ».

La contrée était très marécageuse, dans les temps lointains : on circulait en barque dans les marais qui fournissaient le poisson et aussi la tourbe (d'où le nom FUSCARIAE du latin FUSCUS, noirâtre, enfumé?). Ces marais furent ensuite progressivement asséchés par les Moines, laisant place aux « vains pâturages ». On y élevait les moutons fournissant la laine aux riches drapiers de la région : on y cultivait aussi le blé.

De multiples invasions et guerres s'ajoutèrent à d'autres fléaux : inondations, famines, paludisme, peste, choléra, etc.

La construction de capaux, puis l'extraction charbonnière accélér-rent l'asèchement, tout en assurant le développement de la Cité : de 700 âmes au XVIIIè Siècle, la pupolation s'élève à 1200 lors de la naissance de Césaire, et à près de 10000 au milieu du XXè Siècle.

A ce sujet, laissons parler le poète qu'était l'oncle Abbé :

Les barques se reposèrent de leur voyage séculaire, la goutte limpide ne scintilla plus dans le calice des blancs nénuphars. Et, quand s'évanouit la ceinture ruisselante du vieux Fouquiètres, peut-être entendit-on le chant des cygnes. On eût dit que Dieu s'y reprenait à refaire notre petite patrie, dans un cadre moins poétique, sans doute. Il la façonnait pour qu'elle devint un centre de vie intense, pour qu'elle accueillit la fourmilière laborieuse, dont les cités eniment aujourd'hui le lit de nos marais disparus.

SES PARENTS

Son père, LOUIS, naît à Fouquières le 3 janvier 1846, dans la ferme familiale. Il épouse Adrienne DETEVE, née le 16 février 1851, à MONTIGNY EN GOHELLE, village voisin dont son père, Elie-Pierre DETEVE, cultivateur, était Maire. Il possédait également à Fouquières un moulin à blé « Le Moulin d'Briques ». Adrienne et Louis eurent 3 enfants, tous garçons : Césaire en 1881, François en 1885 et Elie en 1890. L'oncle raconte qu'en Octobre 1914, les Allemands ont fait marcher Louis devant eux pour faire arrêter le tir des soldats Français, postés en haut de la rue. Le brave homme est mort le 14 Mars 1915, à 69ans.

Sa veuve, après avoir subi l'invasion allemande, les menaces t les réquisitions, inquiète pour ses 3 fils aux Armées, put envin vendre la vache qui lui restait et être évacuée par les Allemands en 1917 et rejoindre la France Libre. Elle se réfugia à HALLINES, près de ST OMER, où son fils François put venir la voir quand il fut affecté à l'Hôpital Militaire de CALAIS, après sa blessure sur le front belge. Elle vécut jusqu'à sa mort près de Césaire lorsqu'il fut nommé à LENS - avec une interruption de quelques mois en 1940 : ses fils voulant lui éviter les épreuves de la grande guerre, elle suivit la femille de François dans son exode à Cérilly, dans l'Allier. Elle est morte un an après son retour, le 3 Novembre 1941, chez son fils à Lens dans le presbytère où elle l'avait entouré de soins vigilants. Elle a été inhumée à Fouquières. Si le poids des ans avait courbé son dos, elle avait gardé toute son énergie et un regard malicieux.

Césaire était l'aîné des 3 garçons. Ses deux frères étaient médecins de campagne.

SA JEUNESSE

Césaire enfant, tout en fréquentant l'école du village, participe aux travaux e la ferme, mais aussi rejoint les autres gamins les jours de congé pour jouer dans les ruines du château seigneurial de Fouquiètres ou dans les roseaux du marais.

Plus tard, le curé de l'époque, l'abbé VITTOZ, lui donne des leçons de latin pour l'aider à poursuivre ses études ; il lui en gardera toujours une vénération affectueuse.

A l'âge de 12 ans, il entre au Petit Séminaire d'ARRAS, où il fait ses « Humanités ». Il fait sa « Philo » à l'Institution St Joseph d'Arras. Puis c'est le Séminaire et l'Ordination Sacerdotale le 17 Décembre 1904, des mains de Mgr WILLIEZ, évêque d'Arras, Boulogne et St Omer, dans la cathédrale d'Arras.

Il célèbre sa Messe de Prémices le mardi 20 Décembre 1904 dans l'église de Fouquières : de nombreux prêtres, dont l'Abbé VITTOZ, participent à cette cérémonie à laquelle assistent, en foule, les habitants de Fouquières et des localités voisines. C'est une grande fête à l'issue de laquelle l' Abbé VITTOZ lui adresse son souhait « AD MULTOS ANNOS ».

Il ne pensait pas être si bien exaucé !

Le jeune abbé est d'abord professeur à l' Institution St Joseph à Arras jusqu'en 1910. Il met à profit cette période pour consulter les Archives du Diocèse et du Département et faire ses recerches sur Fouquières et bien d'autres sujets. Bien lui en a pris, puisque ces furent très endommagés en Juillet 1915 par des bombardements allemands.

Le 1er Juillet 1910, il est nommé vicaire à AIRE SUR LA LYS, où il restera jusqu'en 1920. La guerre interrompt sa mission. Il est mobilisé dans le service sanitaire, mais est fait prisonnier en Mai 1918 à MONT NOTRE DAME dans l'Aisne, puis emmené à LANGENSALSA en Thuringe, puis à THORGAU SUR L'ELBE. Après cette pénible captivité, il retourne en 1919 à AIRE.

Le 24 Septembre 1920, il est envoyé dans le coeur de la région minière à LENS, curé de la Cité SAINT PIERRE, où il exercera sont activité pastorale jusqu'en 1949.

LENS : LA CITE SAINT PIERRE

Cette Cité se trouve à flanc de coteau dans le faubourg Nord-Ouest de LENS. Son église a des allures de cathédrale ! Malheureusement à la fin de l'exploitation charbonnière, elle a été rasée : affaissements miniers, entretien trop coûteux, désaffection ? Il n'en reste qu'une pelouse...

L'Abbé Carton marquera d'une empreunte profonde ses paroissiens, pour la plupart mineurs, on en trouve des témoignages dans les visites qu'ils lui rendront après son départ et aussi dans le livre d'Augustin VISEUX.

Il rend visite à chaque famille, ne craignant pas d'éventuelles rebuffades. Il quitte rarement son Ministère. Il y est attentif à la jeunesse pour laquelle il organise des manifestations : il ne faut pas s'étonner, dès lors qu'il soit resté jeune d'esprit.

Sa générosité toujours discrète ne sera jmais prise en défaut. Pndant les bombardements de 1940-1944, il apporte secours aux blessés et se rend au « chevet » des mourants.

La cité St Pierre avait été désignée comme « Cité modèle ».

Trois ans après son Jubilé de 25ans de prêtrise, il est nommé, en 1932, Bénéficier de 1ère Classe. Dans son coquet presbutère, il reçoit les paroissiens et tient des réunions. Il aime aussi accueillir sa famille (Je me souviens qu'aux repas du Nouvel An, il remontait chaque fois « sa dernière » bouteille de CORTON...)

Lorsque nous allions à Lens, nous assistions à la messe. Ses homélies savaient retenir l'attention des fidèles mais les gamins que nous étions ne pouvaient s'empêcher de rire des intonations qu'il prenait, franchissant allégrement toutes les octaves...

Son activité pastorale ne l'empêche pas de continuer à s'intéresser à l'histoire locale et à la vie de son « village » natal pour lequel il a une grande affection. C'est ainsi qu'il a été le parrain de la cloche de la nouvelle église de Fouquières, rebâtie après la destruction de 14-18. L'ancienne cloche avait été volée par les Allemands. La nouvelle prénommée ALICE-ADRIENNE-ANDRE a été baptisée le 28 mars 1932 par Mgr DUTOIT, évêque d'Arras, la marraine étant Alice DESRUELLES.

Cependant, au fil des ans, la tâche devient lourde. Sur l'insistance de ses frères, il se résigne à accepter un ministère moins fatiguant, à ETRUN, petit village près d'Arras. Mais son tempérament actif ne peut se satifsaire d'une telle villégiature, trop paisible pour lui, malgré l'accueil reçu. Il obtient un poste plus important à BLANGY SUR TERNOISE, le 2 Mars 1950.

BLANGY SUR TERNOISE

Dans cette charmante bourgade nichée au creux d'un vallon des collines de l'Artois sur les rives de la Ternoise, entre St Pol et Hesdin, il reçoit un accueil chaleureux. Il y est « installé » le Dimanche 23 Avril 1950, par le Chanoine THOMAS en présence des autorités entouré de plusieurs Confrères et d'un foule avide de le voir (il n'y aurait pas eu d'installation depuis 1867 !) Il fait beau ce jour-là, les rues sont belles mais les fidèles sont inquiets en raison de l'âge de leur nouveau curé - 69 ans - on se prend à espérer lorsqu'on constate et on se le répète qu'il « fait jeune » ! Physiquement, voici comme il est décrit : « petit, une figure poupine un peu rouge, les cheveux blancs un bon prêtre tout simple ». Le maire l'accueille, mais aussi un jeune garçon qui fait le complément d'usage et qui n'autre autre que le Maire de Blangy en 2005 !

Le discours de bienvenue de Mr Achille CARPENTIER, Maire de Blangy, avril 1950

Le discours de bienvenue de Mr Achille CARPENTIER, Maire de Blangy, avril 1950

Discours d'accueil par Bernard DEBUIRE (maire de Blangy en 2005)

Discours d'accueil par Bernard DEBUIRE (maire de Blangy en 2005)

Le presbytère tout proche de l'église est une maison basse sans grand confort. Il s'y installe et sera toujours heureux d'y accueillir l'un ou l'autre d'entre nous simplement mais avec beaucoup de chaleur. J'ai évoque plus haut les intonations prises pendant ses sermons. D'autres ont remarqué avec malice qu'à Blangy après la messe pour éteindre les cierges qui étaient plus hauts que lui, il se mettait sur la pointe des pieds pour souffler la flamme et il soufflait soufflait bruyamment faisant le plaisir de certaines paroissiennes...

Blangy, c'est la patrie de Ste Berthe. Berthe, née en 644, petite fille du roi de KENT, fille de RIGOBERT, à qui CLOVIS II avait donné les terres de Blangy, en récompense de bravoure, a reçu ces trres en dot lors de son mariage avec SIGEFROY, à 18 ans : c'est un des plus importants comtés de l'Artois. A son veuvage après 20 ans de mariage, elle se consacra à Dieu, bâtissant une église, puis un monastère consacré en 682. Elle en est l'Abbesse. Après plusieurs épreuves dont la mort de sa troisème fille, EMME, elle finit sa vie religieuse en recluse et meurt le 4 juillet 723 (Lire la brochire publiée par l'association des Amis de Ste Berthe)

Le nouveau pasteur se fait un devoir d’honorer la Ste Patronne dont la fête, le 4 Juillet, inaugure la neuvaine consacrée à la ferveur des Paroissiens.

Voici ce qui lui inspire l’exemple de la Ste Berthe : « Paroissiens de Blangy, nous posons nos pieds sur un sol consacré. Ste Berthe a parcouru son village natal, celui des premiers temps, à la bonne terre déjà nourricière, aux champs remplis du travail des fermiers et des éleveurs, aux bois qui retentissent de l’appel des chasseurs et du chant des oiseaux, à l’Abbaye bourdonnant de prières et de travail, près des eaux voyageuses de la Ternoise. En regardant la Création, elle a pensé au Créateur. Ici, son cœur a senti Dieu, elle l’a aimé sans retour, honnête, bonne, courageuse, utile, chrétienne »

Blangy, est la cathédrale de Ste Berthe

En 1958, la châsse contenant les reliques de la Sainte est portée en procession aux sons de la Fanfare, jusqu’à la chapelle de l’Abbaye (cette antique abbaye aux destinées tourmentées au cours des siècles depuis 682, qui avait été un hospice de 1891 à 1954, avait retrouvé sa fonction initiale en 1958).

Au fil des années, l’Abbé Carton apporte un soin particulier à la célébration de Ste Berthe et à la préparation de la Neuvaine qui suit cette fête : plusieurs mois à l’avance, il se met en quête d’un prédicateur qui animera la vie religieuse de la Paroisse. Il exhortera les fidèles à assister aux offices, à rehausser la fête par « la splendeur des groupes costumés et des chars, la beauté des harmonies et des chants, la prière à Dieu et à Ste Berthe, le décor des rues en fête, le dévouement…Ste Berthe compte sur l’entrain et sur l’allant de ses chers compatriotes ».

En 1959, il est tout heureux d’accueillir deux personnalités :

Mais déception, une épidémie retiendra nombre d’enfants à la chambre et la fête n’aura pas l’ampleur espérée.

On ne peut s’empêcher d’admirer l’enthousiasme et la Foi qui l’animent dans son Sacerdoce! Mais ses soucis de portent sur l’avenir de sa paroisse. Il s’en ouvre aux Paroissiens, en 1963, devant la diminution du nombre de prêtres : y en aura-t-il un pour lui succéder?

Ses préoccupations pastorales ne l’empêchent pas d’être attentif aux problèmes matériels : la collecte de Denier du Culte, qu’il assure lui-même dans chaque foyer. Dans un courrier de 1962 à sa belle-sœur, il a écrit : « ma tournée du Denier du Culte est agréable, bien que fatigante. On me reçoit avec affection, bien souvent ».

C’est aussi en 1962, l’installation du chauffage dans l’église, dont la mise en route ne se fait pas sans difficulté, ou encore, l’état du mobilier de l’église, chaises et prie-Dieu, chancelants. Il aime beaucoup « sa » belle et vieille église.

S’il n’hésite pas à faire appel à ses paroissiens pour le bien matériel de l’église, tous connaissent son dévouement et sa générosité discrète, venant en aide aux déshérités. Il se montre d’une paternelle bonté avec tous les enfants, soucieux aussi de la détresse de l’un ou l’autre ou de l’avenir des jeunes qu’il côtoie.

Pour ses confrères du doyenné, il est un ami, un prêtre accueillant. D’un naturel gai, il aime et anime les réunions sacerdotales : « il faisait bon vivre en sa joyeux compagnie ».

Très attaché aux traditions, il n’en est pas moins ouvert à l’évolution liturgique (et même aux nouveautés vestimentaires : un matin passant le prendre pour une fête familiale, j’ai la surprise de le trouver en « clergyman »! (et pourtant, la soutane lui allait si bien!)

Sa vie quotidienne est très simple, tranchant avec les festivités qui on accompagné ses jubilés.

La châsse portée par les paroissiennes dans les années 1960

La châsse portée par les paroissiennes dans les années 1960

LES JUBILES

En effet, il a célébré, à Blangy, deux jubilés.

Celui des 50 ans de prêtrise a été décalé d’un an, en raison du décès, en 1954, de son frère François. Il a eu lieu le jour de l’Assomption 1955. On lit dans « LA VOIX DE SAINTE BERTHE » d’août 1955 : « le 12 juillet, à la fin de la Neuvaine, à Notre Dame de Fatima, Mr l’Abbé MATHERY a amené sur les visages un aimable sourire en annonçant que j’allais célébrer, le lundi 15 août à 11h, la messe solennelle de mes noces d’Or Sacerdotales. Car il y maintenant 50 ans que je suis prêtre. Je vous invite tous à cette grande messe de l’Assomption, chers habitants de Blangy, vous qui formez ma famille paroissiale. J’aurai le plaisir de voir ma famille dans le chœur, puis de la recevoir chez moi. J’ai déjà annoncé que les prédicateurs seront mes deux chers neveux. L’un à la grand’messe, l’autre à la réunion du soir à 7h à Notre Dame de Fatima. Faites-moi le plaisir de venir les écouter ».

Ce jour-là, les cloches carillonnent avec entrain, des fleurs partout du Presbytère à la nef de l’église, dont le porche est orné d’un arc de triomphe. L’aubade donnée par la Fanfare, entourée du conseil municipal, des pompiers, des Anciens Combattants, des Prisonniers de guerre et des Paroissiens, laisse la place aux paroles du Maire, Mr CARPENTIER.

C’est l’émotion et l’affection de tout un village qui se manifestent.

Il célèbre la messe, entouré de ses neveux Ignace et Jean, Jésuites, messe suivie avec ferveur. Il conclut « il y des jours où le prêtre sent battre d’autres coeurs près de son coeur »

En 1964, le Jubilé des 60 ans est à la fois solennel et émouvant : il est le seul du Diocèse cette année là à atteindre cette longévité sacerdotale. L’évêque, pour cette raison le placera à sa droite, lors de la Cérémonie du 15 avril, à la cathédrale d’Arras.

En juillet, après la clôture de la Neuvaine de Ste Berthe, Mgr ROUX, prélat romain, lui fait l’honneur de présider cette fête paroissiale et familiale, où il lui transmet la « paternelle bénédiction apostolique » du Pape Jean XXIII. De nouveau le village est en liesse.

Les diverses allocutions prononcées » sont le témoignage de bonheur de ses paroissiens, auxquels se sont joint des anciens de Lens : de l’émotion du Maire exprimant les sentiments de Blangy, au merci des enfants pour « cette longue vie de dévouement caché » en passant par l’évocation par Madame SALOME de la « paternelle bonté » pour chacun.

De nouveau, ses neveux prêtres sont à ses côtés, accompagnés de toute la famille que les Carmélitaines de l’abbaye accueillent avec délicatesse pour le repas familial.

Cette ferveur et cette affection de tous lui ont procuré ce jour-là de bien doux moments.

LES DERNIERES ANNEES

En 1965, il organise sa dernière Neuvaine : en effet santé se dégrade. En avril 1966, il est accueilli à l’Abbaye où les Sœurs ont aménagé deux pièces : il y est entouré de soins vigilants.

Pendant de brèves semaines, il peut célébrer la messe dans sa chambre, mais cela devient vite impossible. Néanmoins, il tient à revêtir sa soutane chaque matin.

Il garde aussi son humour : un jour Sœur Odile veut appeler le médecin et lui dit « je vais passer le prévenir ». Du tac au tac, il lui répond : « passez, mais ne vous arrêtez pas! ».

Jour et nuit, les Sœurs Odile, Arlette et Jeanne Berthe se relaient pour le veiller. Parfois, une accalmie survient et il aime alors s’asseoir dehors pour écouter le chant des oiseaux.

Le Mercredi 22 Juin, son état s’aggrave; le Jeudi à 8h du matin, il s’éteint.

Lors de la messe de funérailles, présidée par Mgr LACROIX, vicaire général et concélébrée par 24 prêtres dont ses 2 neveux, l’évêque rappellera « le courage et la bonté » de ce Curé qui savait se faire aimer de tous. Le Doyen d’Auchy citera « l’exemple de piété profonde, de générosité active, de bonté souriante que donnera ce Prêtre devenu, à Blangy, un fervent disciple de Ste Berthe, entraînant des paroissiens dans la prière et la méditation au cours des Neuvaines ».

Une foule immense l’accompagne sous la pluie, le vent et le froid, au cimetière où il est inhumé au pied du Calvaire, au milieu de ses fidèles. Un de ses anciens enfants de chœur fleurit encore sa tombe.

La tombe de l'Abbé Césaire CARTON

La tombe de l'Abbé Césaire CARTON

QUELQUES TEMOIGNAGES

En 1964, MR CARPENTIER, le maire de Blangy, s’adressait à son Curé :

« Votre vie, d’une étonnante plénitude, a été surtout guidée par l’amour du prochain, du bien commun, par l’affection portée aux personne âgées, aux humbles aux déshérités de la vie dont votre plus grand souci est de soulager, très discrètement, les misères et les peines »

Mr René BALLART, originaire de Blangy :

« Avec l’instituteur du village, Mr Guillon, et mes parents, il a été l’homme qui m’a appris la valeur des choses, le bien et le mal, le respect des Hommes et de la Vie. En visitant ses paroissiens, il tenait à s’entretenir aussi, et avec simplicité, avec ceux qui ne partageaient pas sa Foi ».

Le R.P. MARIE-EUGENE, fondateur de l’Institut Notre Dame de vie :

« Voyez le visage lumineux de ce Prêtre qui, toute sa vie, a eu contact avec l’eucharistie : il en a le visage transformé, il est tout rayonnant ».

Les Sœurs de l’Institut :

« Pendant les dernières semaines, il tenait à revêtir chaque matin sa soutane : réflexe touchant et preuve d’une fidélité de toute une vie à préserver sa dignité de ministre du Seigneur ».

Mr le Doyen d’Auchy, lors des funérailles :

« Je ne résiste pas au devoir d’évoquer cette belle figure de prêtre, exemple édifiant d’une longue vie sacerdotale au service du Seigneur, de l’Église et de ses Paroissiens, exemple de piété profonde, de générosité active, assurant son Ministère au même rythme que les plus jeunes, exemple de bonté souriante, il avait su trouver le chemin des cœurs qui lui étaient, du reste, tous attachés ».

L'ensemble des photos :

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